Recherche pédiatrique (cancer chez l’enfant)
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Comment les enfants atteints d’un cancer supportent-ils une irradiation?
PD Dr med. Beate Timmermann, Institut Paul Scherrer, Villigen
En Suisse, 80% des enfants victimes de cancer survivent à leur maladie. Mais comment se portent-ils après leur traitement? Quelles séquelles tardives les patientes et les patients devront-ils un jour affronter? C’est de ces questions que s’occupe le Dr Beate Timmermann, privat-docent, de l’Institut Paul Scherrer. Dans cet institut, des enfants atteints d’affections cancéreuses rares sont traités par protonthérapie.
L’Institut Paul Scherrer, à Villigen, est l’une des rares institutions dans le monde à proposer la protonthérapie. Cette forme d’irradiation présente un grand avantage: grâce au ciblage précis de la zone visée – la tumeur –, les tissus sains restent préservés dans des conditions optimales. S’agissant en particulier du traitement d’enfants dont l’organisme est encore en développement, cet aspect se révèle essentiel.
Car tout en apportant la guérison, toute irradiation s’accompagne d’effets indésirables. C’est la raison pour laquelle le docteur Beate Timmermann étudie chez les enfants traités par exposition aux protons s’ils présentent moins de séquelles à long terme qu’après une radiothérapie classique. Chez l’enfant, l’irradiation traditionnelle du cerveau peut, par exemple, retarder le développement intellectuel. Autre aspect important: les conséquences que le traitement peut avoir sur la qualité de vie ultérieure des patients. «C’est seulement en sachant quels types d’effets indésirables et de séquelles tardives le traitement peut provoquer que nous pouvons aussi contribuer à y remédier», souligne Beate Timmermann.
Les types de cancer qui sont combattus par la protonthérapie sont extrêmement rares. On citera à titre d’exemple les sarcomes des parties molles de l’orbite ou certaines formes de tumeurs du cerveau. Aussi, si l’on utilisait exclusivement les données provenant des patients suisses dans le cadre de ce projet, on ne progresserait que lentement, et les résultats ne seraient pas concluants. C’est pourquoi le docteur Timmermann collabore étroitement avec d’autres institutions, tant en Suisse qu’à l’étranger – par exemple avec les hôpitaux pédiatriques universitaires de Zurich et de Düsseldorf ou l’hôpital universitaire de Münster.
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Soigner le cancer à la maison
PD Dr med. Roland Ammann, Clinique pour enfants médicale universitaire, Département d’hématologie/oncologie, Hôpital de l’Ille, Berne
Les enfants malades du cancer qui ont de la fièvre en cours de thérapie ne doivent pas tous aller à l’hôpital. Certains types de cancer peuvent aussi être traités à la maison avec des antibiotiques. C’est ce qui ressort d’une étude visant à offrir la meilleure thérapie possible aux enfants malades du cancer.
La plupart des enfants malades du cancer se voient prescrire une chimiothérapie. Parmi ses conséquences les plus dangereuses, ce traitement provoque une diminution du nombre de globules blancs dans le sang (neutropénie) qui affaiblit considérablement le système immunitaire. Les infections accompagnées d’une forte fièvre sont fréquentes durant cette phase de la maladie. Si elle n’est pas tout de suite traitée avec des antibiotiques, la neutropénie fébrile peut provoquer un choc, voire le décès du jeune patient.
Jusqu’à présent, les enfants malades du cancer devaient être hospitalisés en cas de neutropénie fébrile. On leur administrait un traitement intraveineux à base d’antibiotiques. Le risque de neutropénie varie toutefois d’un individu à l’autre, en fonction de la forme de cancer, du type de chimiothérapie, de l’état de santé général et d’autres facteurs. Dans le cadre d’une étude du Groupe d'Oncologie Pédiatrique Suisse (GOPS) réalisée dans différents hôpitaux pédiatriques de Suisse, on a découvert que les enfants les moins menacés pouvaient aussi être soignés à la maison. Ce choix nécessite naturellement une surveillance attentive: une consultation médicale a lieu toutes les 24 heures et les parents doivent contrôler l’évolution de la fièvre à des intervalles rapprochés. Dans ces conditions, le traitement aux antibiotiques administré à domicile est aussi sûr que la thérapie intraveineuse à l’hôpital.
Le traitement aux antibiotiques administré à domicile présente toute une série d’avantages. L’enfant peut rester dans un environnement familier, où il se sent bien. Le risque de voir se développer une résistance aux antibiotiques est aussi plus faible qu’à l’hôpital. Enfin, un traitement à domicile coûte moins cher qu’un séjour à l’hôpital.

